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Adieu la vie

« Adieu la vie, adieu l’amour, Adieu toutes les femmes,
C’est pas fini, c’est pour toujours, De cette guerre infâme,
C’est à Craonne sur le plateau, Qu’on doit laisser sa peau ! »

Tout le monde connaît la chanson de Craonne mais sait-on vraiment d’où elle vient ? On connaît la version originale, détournée au front pour accueillir de nouvelles paroles : « Bonsoir M’amour » était un air populaire de 1911 dont le texte est de Raoul Le Peltier sur une musique d’Adelmar Sablon, le père de Jean Sablon et de Germaine Sablon, chanteuse et actrice dont il est utile de rappeler qu’elle fut la première à interpréter « Le chant des Partisans » en 1943. Mais l’auteur des paroles du front reste inconnu bien que l’État Major ait promis une forte récompense et la démobilisation à qui le dénoncerait.
Les versions les plus connues sont celles de Raymond Lefebvre en 1919 et de Paul Vaillant-Couturier en 1934 ainsi que celle de l’écrivain anarchiste et vétéran du Chemin des Dames Henry Poulaille en 1937. Bien qu’associée aux mutineries de 1917, on sait qu’elle existait avant et qu’elle ne fut pas toujours « de Craonne » mais d’abord « de Lorette », sinistre plateau de l’Artois où elle naquit probablement en 1915. Elle fut aussi « de Verdun », un autre lieu symbolique du sacrifice des poilus.
Ancien chargé de mission au Département pour le Chemin des Dames, l’historien Guy Marival mène l’enquête depuis de longues années et a publié un livre sur cette chanson mythique aux éditions Regain de lecture en 2015. C’est également par son entremise que la chanson fut enregistrée en 2003 par Maxime Le Forestier pour le film documentaire « Fusillés pour l’exemple » d’Alain Moreau.

Diaporama

Chanson de Craonne dans la Gazette des Ardennes-1917.jpg