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Avril 2017 : chronique d’un carnage

« J’insiste sur le caractère de violence, de brutalité et de rapidité que doit revêtir notre offensive et, en particulier, son premier acte : la rupture, visant du premier coup la conquête des positions de l’ennemi et de toute la zone occupée par l’artillerie. L’exploitation doit suivre la rupture sans arrêt. »

Pour le général Nivelle, successeur de Joffre, l’offensive du printemps 1917 au Chemin des Dames devait être celle qui nous mènerait en quelques jours à la victoire.
16 avril 1917, le temps est à la neige sur la vallée de l’Aisne. L’artillerie française pilonne les lignes allemandes depuis plusieurs jours pour préparer le terrain. A 6h00 les premières vagues de fantassins français quittent les tranchées en contrebas de la crête du Chemin des Dames et montent à l’assaut. L’avancée doit être rapide, l’objectif est d’atteindre le sud de Laon avant le soir.
Enterrées, les positions ennemies n’ont en fait été que peu entamées par les bombardements des jours précédents, les nids de mitrailleuses sont opérationnels et prennent les soldats français en enfilade. L’avancée est plus lente que prévue, le réseau de souterrains tenu par les Allemands leur permet de prendre les Français à revers, comme sur l’isthme d’Hurtebise face à la Caverne du Dragon où les troupes de choc du contingent colonial sont décimées.
A l’est, vers Berry-au-Bac, le premier engagement des chars d’assaut français dans cette guerre est un échec. Sur un terrain meuble, les lourds engins s’enlisent et deviennent des cibles aisées pour l’artillerie allemande, le baptême du feu des nouveaux modèles Schneider CA1 tourne au jeu de massacre.
Dès les premières heures il est évident que la bataille est perdue. Le bilan de la première journée est quasiment nul en termes de terrain gagné mais les pertes en hommes sont considérables. Nivelle promettait une offensive rapide, n’excédant pas 48 heures, elle va être poursuivie avec obstination durant des semaines. On estime les pertes françaises à 200 000 hommes pour cette seule bataille du Chemin des Dames. L’épuisement, le découragement face à l’absurdité et à l’énormité de cette hécatombe seront le terreau de mutineries et d’actes de désobéissance.

Diaporama

Nivelle