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La basilique de Saint-Quentin

La basilique de Saint-Quentin

Martyr

Se revendiquer chrétien au IVe siècle de notre ère n’était pas sans danger, le martyr de Quentinus l’illustre bien. Parti prêcher en Gaule, ce fils d’un sénateur romain est arrêté à Amiens vers 303. Fouetté et brûlé à l’huile bouillante, on tente aussi de l’étouffer avec un mélange de chaux, de vinaigre et de moutarde. Rien à faire, le malheureux reste en vie. Le convoi qui l’emmène à Rome s’arrête alors à Augusta Viromanduorum (l’actuelle Saint-Quentin) où on le transperce de deux broches depuis le cou jusqu’aux cuisses avant de le décapiter et de jeter son corps dans la Somme. Cinquante ans plus tard, la légende d’Eusébie prend la suite. Cette patricienne aveugle et parente éloignée du martyr vient jusqu’en Picardie chercher la dépouille de Quentin. Se rendant dans les marais, elle voit le corps et la tête du martyr remonter intacts à la surface de l’eau. Notons qu’au passage elle recouvre la vue car, même mort, le saint n’en continue pas moins de faire des miracles ! Le dernier épisode illustre bien les enjeux de l’époque, quand le fait de détenir les reliques d’un saint était l’assurance de voir venir les pèlerins, facteurs de notoriété et de développement économique. En route pour la cité voisine de Vermand où Eusébie veut inhumer son parent, les boeufs qui tirent le chariot s’arrêtent en haut d’une colline et refusent d’aller plus loin. C’est assurément un signe divin et Quentin sera donc enterré là. La collégiale de Saint-Quentin, qui acquit le titre de basilique mineure sous le pape Pie IX, fut édifiée à cet emplacement entre 1170 et 1487, soit presque trois siècles de travaux. Son architecture ambitieuse fait qu’on la considère comme la 7e cathédrale de Picardie.

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