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Bohérie l’engloutie

Les restes de l’abbaye cistercienne et son parc sont une invitation à la flânerie.

Chère Marie,
J’avais hâte de t’écrire ! La journée que je viens de passer aux alentours de Guise a comblé mes espérances : j’ai enfin pu découvrir l’abbaye de Bohéries à Vadencourt, que je savais le théâtre d’une mystérieuse légende. Je te dois quelques explications…

De cette ancienne abbaye cistercienne fondée en 1143, il ne reste aujourd’hui qu’un seul bâtiment à l’écart du monde. Pourtant, le lieu était autrefois réputé… Et ce serait là que Madame de Sévigné situe, dans ses lettres à Madame de Grignan, la légende d’une « cathédrale engloutie par les marais de Picardie », semblable à celle de Laon, dont elle écrit aussi : «  la rumeur la plus étonnante est que cette cathédrale, élevée dans une vallée puis dissimulée par la volonté de ses bâtisseurs, abriterait une Sainte Relique.  » Aujourd’hui, cet endroit inspirant a été racheté par l’artiste Kim Rebholz, qui y organise des événements culturels autour de l’art.
Tu me connais, j’ai bien sûr visité le parc attenant. S’y promener, c’est accepter de se perdre dans une nature luxuriante : des chemins temporaires tondus dans l’herbe folle nous emmènent vers l’inconnu. J’y ai flâné un long moment, près des mares et des anciens canaux cisterciens, guettant la petite faune, espérant découvrir aussi un vestige de la cathédrale perdue... C’est à regret que j’ai quitté ce lieu si paisible, mais peut-être pourrais-je t’y emmener un jour !

Clémence

Bohérie l’engloutie