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Discours des vœux du Président

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Discours des vœux du Président

Publié le 20 janvier 2016

Le vendredi 15 janvier, Nicolas Fricoteaux, Président du Conseil départemental de l’Aisne, s’est adressé aux représentants des territoires et aux partenaires pour leur adresser ses vœux.

Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Conseillers régionaux,
Mesdames et Messieurs les Conseillers départementaux, Chers Collègues,
Mesdames et Messieurs les Maires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs, en vos divers grades, fonctions et qualités,
Chers Amis.

C’est avec un réel plaisir que je vous accueille, très nombreux, pour cette première cérémonie de vœux de la nouvelle mandature du Conseil départemental de l’Aisne.

Notre rassemblement de ce soir, placé sous le signe de la convivialité, du partage et de l’optimiste, ne doit pas, pour autant, nous faire oublier qu’il y a deux mois à peine, notre pays était frappé, et pour la seconde fois en 2015, par le fanatisme et le terrorisme.
Rien ne pourra jamais justifier ces atrocités qui ont causé tant de peine à de si nombreuses familles, qui ont mis à l’épreuve toutes les communautés religieuses, qui ont tant affecté notre pays.

Nos premières pensées vont à celles et ceux qui nous ont quittés ou qui sont frappés dans leur chair ainsi qu’à ces familles si durement touchées.

Rendons aussi un hommage particulièrement appuyé aux forces de l’ordre qui se dressent sans interruption, malgré la fatigue, voire l’épuisement pour nous protéger et rendre notre pays plus sûr.

Puis-je vous demander, Monsieur le Préfet, Monsieur le Directeur Départemental de la Sécurité Publique, Mon Colonel Commandant de la Légion de Gendarmerie de l’Aisne, Monsieur le Délégué Militaire Départemental, Monsieur le Directeur du SDIS de transmettre tous nos remerciements et dire notre admiration à l’ensemble de vos forces pour l’implication qui est la leur.

Je vous propose de saluer ce travail, Mesdames et Messieurs, par des applaudissements amplement mérités.

En 2015, quels ont été les moments forts pour le Conseil départemental ?

En premier lieu, personne ne sera surpris que je revienne rapidement sur les échéances de mars. Dans des conditions particulières et après une campagne médiatique nationale ayant causé un lourd préjudice à l’image de notre département, les Axonaises et les Axonais ont souhaité porter un nouvel exécutif aux responsabilités.

Devant vous, je tiens à nouveau à remercier mes collègues du groupe Rassembler pour l’Aisne qui m’ont confié la charge de présider notre collectivité pour les six années de la mandature.

Ainsi que je l’exprimais le 2 avril, lors de la séance d’installation du nouveau Conseil départemental, la configuration particulière de cette nouvelle majorité, relative, associée à la situation budgétaire plus que préoccupante de notre collectivité et dont je dirai un mot d’ici quelques instants, impose de mener des politiques de bon sens, loin de tout dogmatisme.

Aussi, en avril prochain, l’Assemblée départementale examinera le projet de budget pour l’année 2016.

Nous toutes et nous tous, Conseillers départementaux, devront alors être guidés par la seule exigence de choisir les meilleures politiques publiques de solidarité que la Loi nous a confiées.

Depuis de nombreux mois déjà, nous construisons ce projet de budget tout en nous confrontant à des contraintes financières particulièrement difficiles.

En effet, face à l’atonie de nos recettes, à la baisse des dotations de l’État et à la hausse des dépenses sociales en cette période de crise, le Conseil départemental n’a d’autre solution, pour l’année 2016, que d’initier à la fois un vaste plan de réformes et d’économies.

En 2015, la baisse de 10% des indemnités des élus, les économies sur les dépenses de personnel, en particulier au cabinet, et la réduction des frais de communication ont, entre autres, amorcé ce mouvement.

D’autres décisions sont alors devenues incontournables, même si elles étaient moins populaires telle la suspension du financement des emplois d’avenir par le Conseil départemental ; ce qui représente 2,6 millions d’euros par an !

Depuis plusieurs mois, secteur thématique par secteur thématique, nous expertisons toutes les politiques départementales afin d’envisager leur réforme. C’est un immense chantier pour lequel je veux remercier tous les collègues de la majorité mais également les services de notre collectivité qui sont particulièrement actifs à nos côtés.

Notre feuille de route est claire : dégager 21 millions d’euros d’économies en fonctionnement pour parvenir à « équilibrer » notre budget 2016, ainsi que l’a démontré une étude financière indépendante que j’ai présentée à l’Assemblée départementale en septembre 2015.

En novembre dernier, répondant à la sollicitation de l’Assemblée des Départements de France et uniquement parce notre situation financière est l’une des plus inquiétantes, l’État nous accordait une aide exceptionnelle de 3 millions d’euros.

Nous ne pouvons nous satisfaire de cette aide, certes bienvenue, mais qui ne représente l’équivalent que de 12 jours de versement du RSA dans l’Aisne. J’aurais pour ma part, largement préféré que nous ne soyons pas dans une aussi mauvaise situation, qui nous place dans cette liste des 10 départements français financièrement les plus fragiles.

Malgré cette aide, le bilan de gestion de l’année 2015 ne sera pas bon car, pour équilibrer la balance de nos comptes, nous devrons intégrer de l’ordre de 7 millions d’euros d’excédent issu des années antérieures.

Par ailleurs, le 1er février prochain, nous débattrons de mesures concrètes pour libérer le Conseil départemental d’une partie des emprunts toxiques qui le menacent toujours ; nous aurons alors ouvert tous les chantiers qui nous permettront, c’est notre objectif premier, de dégager des marges de manœuvres pour agir.

Oui ! Mesdames et Messieurs, tous ces efforts ne visent au fond qu’un seul objectif ; libérer petit à petit notre collectivité des contraintes qui pèsent sur elle : dépenses sociales devenues d’un certain point de vue incontrôlables, endettement qui nous pénalise, fiscalité élevée (le 3e taux de foncier Bâti le plus élevé de France même).

Associées à la baisse des dotations de l’État, soit 21 millions d’euros en 3 ans, ces contraintes menacent la survie du Conseil départemental et notre collectivité pourrait rapidement, si nous ne faisons rien, être placée sous la tutelle de l’État.

Ces contraintes sont d’une lourdeur extrême en 2016 et, si elles devaient se poursuivre avec la même intensité en 2017, elles hypothéqueraient nettement nos capacités de poursuivre avec la même ambition nos politiques facultatives telles que celles concernant, par exemple, le sport ou la culture. Nous ne le souhaitons, bien évidemment pas.

Cependant, dès cette année, la loi NOTRe, Nouvelle Organisation Territoriale de la République qui, attribue à chaque échelon administratif des compétences et des responsabilités qui lui sont propres, ne nous permettra déjà plus d’intervenir pour certaines des politiques que nous menions jusqu’alors.

Ainsi cette Loi nous prive désormais de toute intervention économique. Depuis le 1er janvier, nous ne pouvons plus accorder d’aide aux entreprises ; seul le Conseil régional y étant autorisé ainsi que les intercommunalités.

En 2016, c’est donc une page importante de l’action départementale qui va se tourner avec, entre autres, la fin de dispositifs comme le Fidarco ou le Fidacom, à destination de nos commerçants et artisans.

En responsabilité, je me dois de faire en sorte que ces dispositifs perdurent dans notre département. Voilà pourquoi j’ai rencontré, à plusieurs reprises, les présidents des chambres consulaires et les représentants des intercommunalités afin d’évoquer avec eux la prolongation de ces actions importantes pour l’économie départementale.

Cette loi aura d’autres implications conséquentes, notamment en matière d’aides au fonctionnement des communes et regroupements qu’il ne devrait, là encore, plus être possible de poursuivre dès cette année.

Tous ces changements et contraintes fortes me font affirmer que le vote du budget sera le moment crucial qui décidera de l’avenir du Conseil départemental et il reviendra à chacun de prendre ses responsabilités.

En décembre dernier, de par les messages qu’ils ont adressés dans les urnes, les électeurs ont très clairement manifesté leur volonté de voir les élus travailler ensemble pour l’intérêt général et le bien des territoires.

Je suis convaincu que l’examen du budget, qui comprendra des mesures de bon sens, indispensables au redressement et la survie de notre collectivité, nous donnera l’occasion de construire une action commune au service de l’intérêt général.

Cette démarche, les 5 présidents des Conseils départementaux de la grande région, qui ne partagent pas les mêmes sensibilités politiques, l’ont comprise et entreprise en lien avec le nouveau Conseil régional. Ayons à l’esprit qu’en travaillant seul, chacun peut aller plus vite mais en travaillant ensemble, nous irons plus loin.

Vous l’avez compris, Mesdames et Messieurs, l’année 2016 sera une année de gestion rigoureuse, une année de réformes mais également une année au cours de laquelle nous allons construire d’ambitieux partenariats.

L’élection du nouveau Président du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Xavier Bertrand, que je tiens à féliciter publiquement, et l’installation du nouvel exécutif régional ouvrent de nouvelles perspectives.

De ce point de vue, et pour être parfaitement clair sur cette question, dans mon esprit, un partenariat se doit nécessairement d’être équilibré et ne peut se concevoir au détriment des intérêts de notre collectivité.

C’est ce que j’ai affirmé devant le nouveau Président, que nous avons rencontré avant-hier avec mes collègues Présidents des quatre autres Départements de notre grande région.

Lors de cette réunion, nous avons aussi exprimé notre enthousiasme à l’idée de pouvoir développer et renforcer un travail en commun portant sur l’insertion professionnelle des bénéficiaires du RSA.

Dans les semaines qui viennent, nous allons construire ce partenariat grâce auquel nous allons pouvoir permettre aux bénéficiaires du RSA d’accélérer leur retour vers l’emploi.

De la même façon, nous avons acté la délégation de la compétence du transport scolaire aux départements par la Région, et ce, dans les conditions exercées à ce jour, ce qui se traduit entre autres, pour les jeunes Axonais par un maintien de la gratuité.

Toujours au titre des partenariats avec le Conseil régional, je souhaite que le Département de l’Aisne poursuive en 2016 ses politiques d’aide en direction de l’agriculture. Malgré la Loi NOTRe, nous sommes juridiquement toujours autorisés à le faire.

J’ai indiqué à Xavier Bertrand, mercredi dernier à Lille, la volonté du Conseil départemental de l’Aisne de poursuivre ce travail d’aide à la diversification des agriculteurs, ce travail d’accompagnement des investissements productifs et de modernisation des installations.

Dans ce grand concert d’un ensemble régional de 6 millions d’habitants, la voix de l’Aisne doit être entendue. Elle le sera, je m’en porte, personnellement, comptable.

Le nouveau Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais-Picardie est une formidable opportunité de développement. Face à la taille de cette grande collectivité, je suis persuadé que les échelons de proximité que sont les Conseils départementaux deviendront des échelons incontournables, aux côtés des intercommunalités. L’avenir du Conseil départemental est bel et bien devant nous.

Sur un tout autre registre, mais ô combien transversal, quelques semaines après la COP 21, le Conseil départemental doit aussi prendre sa responsabilité en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Réduction des déchets, modération des consommations énergétiques, abaissement des cylindrées de nos véhicules et recours aux véhicules électriques lorsqu’ils sont adaptés ; voilà autant de chantiers figurant au cœur de notre stratégie et, malgré les contraintes financières, je souhaite que nous allions encore plus loin. Nous y travaillerons donc activement et au plus vite.

Par ailleurs, et avant de conclure, au titre de nos interventions pour l’aménagement du territoire et pour l’accompagnement des communes, je souhaite que nous définissions en 2016 une nouvelle politique en direction des centres-bourgs : le stationnement, l’habitat indécent, la mise en œuvre des conditions permettant la revitalisation des commerces de centre-ville sont des sujets prioritaires pour lesquels nous devons répondre présent aux côtés des communes.

Nous nous devons aussi de réviser nos politiques territoriales : CDDL et FDS, notamment qui doivent être réformés en profondeur et ajustés aux contraintes nouvelles mais aussi à la nécessité de maintenir la cohérence et l’attractivité de nos territoires, en particulier ruraux, qui souffrent particulièrement aujourd’hui.

Aux côtés de l’État, à travers la DETR, mais aussi, là encore, en lien avec la Région, puisqu’un fonds de concours régional de développement rural sera créé en 2016, nous devons mutualiser nos efforts financiers en direction des secteurs qui souffrent le plus, qui vivent ce sentiment d’abandon, de déclassement et là où s’expriment le plus les votes de colère, d’exaspération voire de désespoir.

De même, avec vous Monsieur le Préfet, avec vos services, nous lançons prochainement une vaste enquête dans le cadre de l’élaboration du schéma départemental d’accessibilité aux services publics, voici bien l’un des axes principaux de notre action à venir : aménager notre territoire, y maintenir l’action publique, redonner de l’espoir et des perspectives.

Nous devons donc radicalement changer nos politiques si nous voulons redresser la barre.

Mais avant de redresser la barre, justement, il nous faut reprendre notre souffle.

Nous en reparlerons d’ici quelques semaines, lors de l’examen en session du Plan Pluriannuel d’Investissement et de Fonctionnement mais il est certain que dans l’immédiat, nous sommes dans l’obligation de ralentir notre rythme d’investissement et d’en adapter une programmation, devenue totalement hors de notre portée.

Voici encore quelques années, mais au prix d’une hausse de l’endettement, le Conseil départemental programmait 100 millions d’investissements par an.
Aujourd’hui, compte tenu de toutes les contraintes qui sont les nôtres, nous ne serons guère plus en capacité de programmer 75 millions d’euros d’investissements.

Malgré toute notre volonté, l’état de nos finances ne nous permet pas de faire davantage et dire le contraire ne serait pas sincère.

J’ai conscience que cette limitation des investissements, se traduira notamment par la mise à jour du plan collèges voté en 2008 et générera moins d’activité économique et d’emplois.

Mais nous sommes dans l’obligation de faire le choix de payer d’abord ce que nous devons, de programmer de nouvelles opérations en nombre limité, d’investir prioritairement sur les opérations à effet « levier » afin de contenir nos coûts de fonctionnement, notamment pour les locaux des Unités Territoriales d’Action Sociales (UTAS).

Mesdames et Messieurs, depuis mon accession à la présidence du département, est-ce aussi parce que je préside le Service Départemental d’Incendie et de Secours, j’ai parfois le sentiment de passer beaucoup de mon temps à éteindre des incendies budgétaires et financiers.

Je dois vous l’avouer, cela n’est pas totalement faux mais c’est bien le rôle de tout responsable que de gérer les organismes qu’il dirige.

Cette gestion, que je veux exigeante, de nos finances départementales, je la pratique avec détermination avec tous mes collègues, vice-présidents et Conseillers départementaux du groupe Rassembler pour l’Aisne.

Cependant loin de moi, loin de nous, l’idée, de passer les 6 années du mandat à ne voir que des vaches maigres.

D’ici peu, je le sais, nos efforts produiront leurs premiers effets et c’est alors que les marges de manœuvre retrouvées nous permettront d’innover davantage, de réinvestir pour l’emploi et l’économie locale, de mieux subventionner les projets dont les territoires ont besoin.

Il nous faut néanmoins disposer d’un peu de temps pour retrouver toutes nos capacités.

Le défi est de taille mais pouvez compter sur notre dynamisme et sur notre détermination pour y parvenir comme nous comptons sur votre compréhension et votre soutien, car c’est tous ensemble que nous parviendrons à redonner des couleurs à ce beau département de l’Aisne qui est notre bien commun.

Avant de partager le verre de l’amitié, je souhaite remercier le lycée hôtelier de Soissons qui participe ce soir, comme chaque année, au bon déroulement de ce moment de convivialité, de partage et de sympathie et je vous invite à profiter de tout ce qu’ils nous ont préparé avec passion et savoir-faire.

Je vous souhaite à toutes et à tous, ainsi qu’à tous vos proches, une très bonne année 2016.

Nicolas FRICOTEAUX


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