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Guillaume Apollinaire au Bois des Buttes

Né le 26 août 1880 à Rome, d’une mère polonaise et d’un père inconnu, Guillaume Kostrowitzky n’a pas la nationalité française quand il veut s’engager en août 1914.

De ce fait, sa demande n’est acceptée qu’en novembre, ce qui lance la procédure de naturalisation. En mars 1916, le poète et écrivain, désormais connu sous le nom de Guillaume Apollinaire, se bat au pied du Chemin des Dames, au Bois des Buttes. Dans son carnet de notes, il écrit le 14 mars : « Arrivée dans les tranchées sans abri du bois des Buttes au nord de Pontavert.  » Sa guerre de tranchée ne sera que de courte durée. Un éclat d’obus le frappe en pleine tête le 17 mars. Apollinaire écrit : « Je lisais à découvert au centre de ma section, je lisais le Mercure de France, à 4 heures un 150 éclate à 20 mètres, un éclat perce le casque et troue le crâne. » Il ne voit un médecin que 2 heures plus tard. Les moyens sont rares et l’intervention trop lourde pour être pratiquée dans ces conditions. « On m’endort pour fouiller, l’éclat a enfoncé la boîte crânienne et y est resté, on l’y laisse. » Apollinaire n’est transféré que le 29 mars à l’hôpital du Val-de-Grâce où les chirurgiens procèdent à une trépanation dont il ne se remettra jamais tout à fait.
Guillaume Apollinaire s’éteint le 9 novembre 1918, deux jours avant l’armistice, emporté par la grippe espagnole. Il est reconnu « mort pour la France des suites de ses blessures ».
Grand admirateur du poète, l’écrivain Yves Gibeau fit édifier en 1990 une stèle en sa mémoire sur le bord de la route qui longe le Bois des Buttes à la sortie de La-Ville-aux-Bois-lès-Pontavert. Il choisit d’y graver une phrase tirée du poème « Rêverie » qu’Apollinaire écrivit dans une lettre à Lou en 1915 :

« Dis l’as-tu vu Guy au galop
Du temps qu’il était militaire
Dis l’as-tu vu Guy au galop
Du temps qu’il était artiflot
À la guerre ».