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Le 16 avril sur le Chemin des Dames

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Le 16 avril sur le Chemin des Dames

Publié le 1er avril 2015

A la date anniversaire de l’offensive Nivelle, le Département de l’Aisne propose une journée mémoire au Chemin des Dames : un hommage à tous les morts, disparus et blessés de la Grande Guerre, sans distinction de pays.
Cette journée est conçue pour s’adresser à tous : marches commentées, spectacle de marionnettes et projection d’un documentaire.

Pour mieux comprendre les particularités de cette offensive, découvrez le témoignage d’Henri Voilquin soldat au 110e RI en avril 1917.

Lire les extraits

Témoignage
Henri Voilquin - avril 17 au 110e RI

- 15 avril
« Nous monterons en ligne dans la nuit, peu de temps avant l’attaque.
Belle après-midi, malgré le temps qui se couvre. On fait ses ablutions, chose dont on était privé depuis quelques jours. On lézarde près des abris du Génie. On s’habitue aux biscuits et au singe. Personne ne parle de l’attaque. Les joueurs de cartes sont toujours aussi assidus.
L’aviation, invisible pendant la matinée, par ordre dit-on, se montre active. Nos avions ont constaté avant-hier qu’une pièce de 240 avait mis le feu au château de la Bove qui appartient au cousin du Commandant Perrot et qui, au dire des prisonniers, était très fortement organisé. De l’avion descendu hier, on a appris qu’un des officiers qui le montait s’est jeté hors de l’appareil et que l’autre est tombé complètement carbonisé avec les débris de l’avion, sur la piste de Calais. (…)

« (…) (Je reprends le 20 ce carnet que j’avais dû interrompre ces jours derniers) - rédigé à l’encre à nouveau.
Nous avons passé notre après-midi allongés sur l’herbe, évitant de nous faire nos réflexions. On aurait tellement de choses à se dire et puis il ne faut pas avoir l’air d’y penser. Le génie monte à 6 h. La pluie commence à tomber. Elle doit arranger la route de Corbeny ! C’est là qu’on se donne rendez-vous.
La pluie redouble et le canon donne, mais on n’a pas l’impression que ce soit là un de ces tirs efficaces qui déblaient le terrain. Nous partons à minuit.
Je n’ai pas dormi et pour trouver le temps moins long, j’ai lu les premières pages d’Agir. Mais cette lecture n’est guère de circonstance. Elle ne m’absorbe pas au point que je puisse m’empêcher de sortir toutes les cinq minutes pour voir si le ciel coule toujours et si le bombardement paraît efficace. (…)

« (…) Minuit, on s’assemble sur la piste. L’appel fait, on se met en route. La nuit est impénétrable et Crespel et moi avons toutes les peines du monde à guider la compagnie à travers les marécages, en nous aidant de la lueur des départs. Les hommes peinent, s’enfoncent dans la boue jusqu’à mi-jambes. Nous rejoignons une Compagnie qui, devant nous, n’avance que lentement, et à sa suite, nous faisons un long détour pour atteindre la route de Craonnelle, par la piste d’évacuation.
A la route, les hommes prennent les caisses et les piliers et nous reprenons une autre piste. Notre artillerie donne, mais modérément, et nous nous confions notre déception, nous qui attendions un bombardement infernal.
Il est 4h 1/2 quand nous arrivons au boyau du Colonel. Les marmites commencent à pleuvoir. Crespel ne cache pas son impatience et craint que nous ne soyons pas en position pour le jour. Là nous restons embouteillés pendant 1h, qui paraît un siècle. En passant devant le PC, le Colonel appelle Crespel, celui-ci me jette au vol : « L’attaque est à 6h ». Il faut encore toucher des vivres qu’on nous a distribués dans un sac à terre : 2 boites de singe, 20 biscuits, quelques tablettes de chocolat… (…)

« (…) Enfin nous pouvons avancer : au pas de course, nous prenons le boyau Lievin qui conduit au poste d’écoute et aux parallèles. Mais l’heure presse et, avec 2 sections de réserve, nous nous intercalons dans le 2e Bataillon. Peuchot est là, lorgnette à l’œil.
6h. Un avion français nous survole et donne le signal du départ. En un rien de temps, nous sommes sur le terrain franchissant les tranchées, pendant que le 75 tire furieusement, mais quelques instants, sur les tranchées boches. Un avion boche a subitement paru et nous mitraille. Les boches commencent leur tir de barrage.
Brusquement, notre vague mouvementée s’arrête, se fige. Une mitrailleuse boche s’est mise à tirer. Les hommes se sont couchés. On reprend la marche : impossible d’avancer.
Crespel est parti en avant, courant de toutes ses forces. Je suis descendu dans un boyau et il est là, devant nous, dans un trou d’obus… Notre attaque est bel et bien arrêtée. La 1ère Compagnie a atteint en un point la tranchée boche, les autres Compagnies ont été fauchées en arrivant aux fils de fer demeurés intacts. (…)

« (…) Alors, nous voilà condamnés à demeurer ans le boyau, sous les rafales de 105 et de 150 qui pleuvent. Les éclatements nous secouent les nerfs et le corps entier, - ils tombent à quelques mètres en avant ou en arrière de nous.
De 6 h 30 à minuit, nous sommes demeurés là, crispés, courbaturés à cause des positions incommodes. De Craonne, les coups redoublent ; le mitrailleur ne nous laisse aucun répit. Les blessés qui peuvent partir sont les premiers visés. Les équipes de brancardiers ne peuvent approcher. (…)

« (…)Notre désillusion, bien qu’elle ne se manifeste guère, est profonde, douloureuse. Surtout, nous n’en revenons pas : on nous avait promis un barrage ¬foudroyant, la préparation a été ridiculement insuffisante. On nous avait promis que la route serait entièrement déblayée, les batteries muselées. Hélas ! C’est à croire que ce sont les Boches qui prennent l’offensive tellement ils nous canardent. Toute la journée, Craonne disparaît dans un nuage de fumée, Craonne qui, de là-haut, a l’air de nous défier. »

Extraits d’un témoignage transmis par André Bach.

Programme

•• Craonne, marche à l’aube, à 5h30
Marche commentée par Noël Genteur.
Départ de la place de la mairie.
Durée : environ 3 h 30.
Distance : environ 8 km
Dénivelé : + 175 mètres (raidillon dans le dernier tiers du parcours)
Brève illumination sur le plateau à la première halte.
Café à l’arrivée.
Venir équipé de chaussures adaptées à la randonnée.

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Découvrez le parcours en simulation 3D :
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L’affichage peut prendre quelques secondes.
Cartographie : ©Fabrice Poullin SIG du Conseil général de l’Aisne - MNT/OCS©GéoPicardie

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•• De Vauclair à Hurtebise, à 14h
Marche commentée par Yves Fohlen, guide-conférencier de la Caverne du Dragon, Musée du Chemin des Dames.
Stationnement et départ à l’abbaye de Vauclair.
Durée : 1 h 45

Cette marche suit le chemin emprunté le 25 janvier 1915 par les troupes d’attaque allemandes.
Le 25 janvier 1915, le 18e corps d’armée subit une violente attaque dans le secteur d’Hurtebise, La Creute, Bois Foulon. Les Français doivent abandonner les positions qu’ils tiennent sur le plateau depuis la mi-septembre 1914. « Bataille de la Creute » ou nouvelle « bataille de Craonne » côté allemand, ces affrontements meurtriers ont fait plus de 2000 morts en deux jours.

•• Projection de Fugitif pour l’exemple, film documentaire, à la Caverne du Dragon à 14h30 et à 16h30.
Fugitif pour l’exemple est un documentaire sur la vie de Vincent Moulia, soldat du 18e RI condamné à mort pour mutinerie en juin 1917, évadé, réfugié en Espagne puis tardivement réhabilité. Un film réalisé par Chantal Quaglio et Patrick Colin, produit par le Département de l’Aisne.
Entrée gratuite, dans la limite des places disponibles.
Durée du film 55 minutes.
En savoir plus

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•• Tranchées, spectacle pour marionnettes et autres fantômes à Corbeny, à 11h et à 18h
A la salle polyvalente.
Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.
Durée 1 h 05.

Une création de la compagnie Zapoï. Textes Filip Forgeau, mise en scène Denis Bonnetier, interprétation Cédric Vernet et Luc Vincent Perche.

Une évocation du conflit par deux comédiens-marionnettistes qui dessinent ensemble un parcours dans le vaste champ des émotions et des situations nées de la guerre : l’excitation, l’angoisse d’avant la bataille, le basculement dans la folie, la solitude, la peur… De la boue, univers du néant, surgissent des fantômes, des semblants de vie d’argile, fragiles, qui se mettent à raconter et donnent à entrevoir l’expérience de la guerre. L’histoire de deux soldats morts qui errent dans les limbes, il faudra que l’histoire ait pu être transmise pour que ces deux tués trouvent dans la mort un apaisement.
Organisé en partenariat avec la médiathèque et la ville de Corbeny.

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•• De Craonne à Craonnelle, marche du soir, à 20h45.
Départ de la place de Craonne. Marche jusqu’au cimetière militaire français de Craonnelle par les chemins du plateau.
Remise de bâtons lumineux au départ.
Durée : 1 h 15.
Distance : 3,3 km.
Un passage difficile au cours du parcours.
Venir équipé de chaussures adaptées à la randonnée.
Avant le départ de la marche, restauration légère sur la place de Craonne.

•• Veillée à Craonnelle, de 22h à 22h25

Au cimetière militaire français de Craonnelle, une évocation du Chemin des Dames en images et en musique.
Sébastien Velly, professeur de violoncelle au conservatoire de Laon, interprète la suite pour violoncelle n°2 de Jean Sébastien Bach (1685-1750).
Projection d’images d’archives et de photographies contemporaines du Chemin des Dames sur un écran de 4 X 6 disposé dans le cimetière.

Voir en ligne : Les actualités du Centenaire de 14-18 dans l’Aisne sur http://14-18.aisne.com/

Rétrospective des éditions précédentes

Concert arboretum de Craonne 7 Illumination Craonnelle 10 Illumination Craonnelle 19 Marche de Vendresse à Cerny 13 Marche de Vendresse à Cerny 7 concert arboretum Craonne expo caverne du dragon marche du matin marche du matin 1 marche du matin 11 marche du matin 18 marche du matin 2 marche du matin 20 marche du matin 26 marche du matin 30 marche du matin 36 marche du matin 43

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