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Les églises de la Reconstruction

Les églises de la Reconstruction

Béton céleste

Sur la ligne de front du grand conflit de 14-18, l’Aisne est le département qui aura subi le plus de dégâts. Lorsque les obus s’abattent sur un village, rien n’est épargné et un très grand nombre d’églises ont disparu. A l’heure de la reconstruction, il apparaît difficile de rebâtir à l’identique ces monuments qui pour la plupart remontent au Moyen Âge. Le choc esthétique du salon des Arts décoratifs de 1925 va marquer toute une
génération d’architectes également confrontés à la nécessité d’utiliser les matériaux les moins coûteux, c’est-à-dire la brique et le béton. C’est ainsi qu’une nouvelle vision de l’art religieux s’impose.
Dans les années 20 et 30 les clochers en béton armé vont pousser comme des champignons dans les zones les plus marquées. C’est particulièrement visible dans le Vermandois sur les lignes arrière de la bataille de la Somme, comme par exemple à Roupy, petit village positionné sur la ligne Hindenburg. La nouvelle église y est construite à partir de 1922, essentiellement en briques, sur les plans des architectes Charavel, Melendès et Esnault. Elle arbore un clocher en béton dont la structure ajourée donne une étonnante impression de légèreté. Quatre anges réalisés par le sculpteur Raoul Josset y sont installés, tendant les bras dans un geste de bénédiction. Dans le secteur du Chemin des Dames c’est l’architecte Albert-Paul Müller qui dessina les plans des églises de Martigny-Courpierre et de Monthenault dans la vallée de l’Ailette, toutes deux dédiées à Saint-Martin. Le béton sculpté y est particulièrement mis en valeur notamment à travers les basreliefs de la façade de St Martin de Monthenault, réalisés en 1932 par des élèves de l’école des Beaux Arts.

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