agrandir le texte réduire le texte imprimer la page
Les fantômes de Landowski

Les fantômes de Landowski

Rendus à la vie

Leurs silhouettes se découpent sur l’horizon en haut de la butte qui surplombe la plaine de Chalmont près d’Oulchy-le-Château : ce sont « les fantômes », une sculpture monumentale en granit rose réalisée par l’artiste Paul Landowski. Ils sont sept soldats, chacun représentant une arme : grenadier, sapeur, soldat colonial, mitrailleur, fantassin, jeune recrue et aviateur. Au milieu d’eux, un jeune homme entièrement nu symbolise le héros sacrifié, s’élevant vers le ciel. C’est à cet endroit précis que se décida le sort de la seconde bataille de la Marne en 1918. Les Allemands s’étaient lancés dès le mois de mai dans une violente offensive. Leur progression fulgurante vers Paris ne fut stoppée autour de Château-Thierry qu’au prix de lourdes pertes et grâce à l’appui des alliés anglais, américains et italiens. Le 18 juillet 1918, sous le commandement du général Mangin et du général Degoutte, une contre-offensive surprise est lancée depuis la Butte Chalmont. L’armée allemande est mise en déroute et ne cessera dès lors de reculer jusqu’à l’armistice.
Lorsque Paul Landowski reçoit la commande de l’État pour réaliser un projet de monument, il les appelle « Les Morts ». L’artiste a lui-même servi pendant la guerre et a sillonné la Picardie, carnet de dessin en main, au sein de la section camouflage. Humaniste porté par un idéal de fraternité, il est profondément ébranlé par l’horreur des tranchées et formule alors ce voeu : « ces morts, je les relèverai un jour  ». C’est dans l’esprit de cette promesse qu’il érige un monument qui n’exprime aucune glorification des armées victorieuses mais plutôt un sentiment de profonde tristesse pour cette humanité sacrifiée. Loin devant le groupe, le regard perdu vers l’horizon, une deuxième sculpture se dresse. Cette femme, bouclier au côté, c’est la France.

Diaporama


l'Aisne sur le net