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Nicolas FRICOTEAUX interpelle le Président de la République

Publié le 19 mai 2017

La réaction du président du Conseil départemental de l’Aisne au lendemain de l’élection présidentielle a reçu un large écho auprès des axonais.

Fort de ce sentiment partagé, Nicolas FRICOTEAUX a écrit au Président de la République et l’invite à se déplacer dans l’Aisne afin de lui proposer des mesures concrètes en matière d’aménagement du territoire.

Retrouvez ici la lettre du président du Conseil départemental de L‘Aisne adressée le mercredi 17 mai au Président de la République.

Monsieur le Président de la République,

Permettez-moi, en premier lieu, de vous adresser mes très sincères félicitations pour votre élection. A l’issue d’une longue campagne, les Français vous ont confié la responsabilité de présider aux destinées de notre pays pendant les cinq prochaines années. Pour notre avenir commun, je souhaite vous voir réussir pleinement dans vos fonctions.

Cependant, si vous avez reçu le soutien d’une très large majorité des Français, 10 millions d’électeurs n’ont pas fait ce choix et deux départements ne vous ont pas placé en tête du second tour.

Ces suffrages, majoritairement exprimés pour le Front National dans l’Aisne, là où les indicateurs économiques et sociaux sont particulièrement alarmants, ne sont pas une surprise.

Ce vote, en progression depuis plusieurs années, exprime à quel point il est urgent de mettre en œuvre une véritable politique nationale d’aménagement du territoire, afin de donner des perspectives aux laissés pour compte de la décentralisation et de la mondialisation.

Vous êtes notre nouveau Président de la République et, à ce titre, vous avez à vous préoccuper, au plus vite, de celles et ceux pour lesquels un contrat aidé, de 6 mois à temps partiel, est le seul espoir d’embauche, à vous préoccuper de celles et ceux qui ont encore la chance d’être titulaires d’un CDI mais qui vivent dans la crainte continuelle d’une délocalisation de leur entreprise, à vous préoccuper de celles et ceux, commerçants, artisans ou paysans, qui peinent à vivre de leur labeur tout en travaillant plus de 70 heures par semaine.

Nul ne peut plus détourner le regard de celles et ceux qui, dans l’Aisne, malgré le taux d’illettrisme le plus élevé de France, subissent la fermeture de l’école de leur village et se voient imposer à leurs enfants des journées encore plus fatigantes, du fait des longs trajets de transport scolaire.

Comment enfin, ignorer plus longtemps celles et ceux qui doivent s’acquitter d’une lourde fiscalité locale pour financer l’allocation de solidarité de leur voisin, plus démuni, ou afin de financer les réseaux de téléphonie mobile ou du très haut débit, en lieu et place des opérateurs privés qui n’investissent pas en zone rurale, faute de rentabilité.

La carte de France des résultats de cette élection Présidentielle, tout à fait éloquente, montre à quel point décentralisation et mondialisation, non régulées, fracturent notre pays en augmentant les inégalités et les injustices.

La France se divise : deux France vivent désormais l’une à côté de l’autre.

Vous devez donc agir rapidement contre tous ces maux qui font qu’à Paris, seulement 10 % des électeurs choisissent Madame LE PEN quand ils sont 53 % à le faire dans l’Aisne. Il nous faut répondre à ce cri de désespoir des oubliés de la République et je sais que vous en avez la volonté.

A son échelle et avec ses moyens, l’Assemblée départementale, que je préside, travaille depuis de nombreux mois à valoriser les atouts du territoire et à redonner des perspectives aux Axonais.

L’État doit s’engager pleinement à nos côtés pour relever ces défis et des mesures prises rapidement, en terme de solidarité nationale, au travers d’une péréquation financière horizontale totalement repensée.

De plus, en matière d’aménagement du territoire, des expérimentations peuvent être menées en zone rurale sur le volet de l’insertion grâce à la création d’emplois liés à l’environnement, en matière de santé par la régionalisation des épreuves classantes ou bien encore, avec l’instauration d’un service universel de télécommunication mobile étendu à la data.

Je suis à votre entière disposition pour évoquer avec vous ces quelques pistes de réflexion et bien d’autres qui peuvent aider, j’en suis convaincu, à réduire cette fracture territoriale et à faire en sorte que le Département de l’Aisne participe au nouvel élan que vous souhaitez donner à notre pays.

Je vous prie de bien vouloir accepter, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Nicolas FRICOTEAUX