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Pariser Kanonen

Pariser Kanonen

Paris sous les bombes

Paris, 29 mars 1918, un obus allemand touche l’église Saint-Gervais. La voûte s’effondre tuant 91 paroissiens. Les obus allemands sont tirés à 120 kilomètres de là, depuis Crépy-en-Laonnois, par un canon à longue portée de la société Krupp. Le colossal engin fait près de 36 mètres de long et envoie des obus de 104 kg. Sa structure métallique tournante sur 360° est boulonnée à une plateforme en béton assurant sa stabilité et que l’on peut toujours voir dans le bois de l’Épine au nord de Crépy. Le canon se déplace ensuite à Beaumont-en-Beine, puis encore plus près de sa cible à Bruyères-sur-Fère, à 91 km de Paris. Il est vital pour les Allemands de ne pas se faire repérer, le canon est toujours tapi au fond des bois et le site de tir est systématiquement doublé d’un leurre à proximité.
La plateforme bétonnée que l’on peut observer à Coucy-le-Château-Auffrique est encore plus impressionnante dans ses dimensions (31 mètres de diamètre) et ressemble étonnamment à un théâtre antique. Le canon installé là, le « Lange Max », était d’une technologie antérieure et portait à 40 km. Les Allemands le mirent en œuvre dès 1915, prenant comme cible Compiègne, Oulchy-le-Château et Villers-Cotterêts. Encore très récemment, on assimilait ces différentes pièces d’artillerie à la « Grosse Bertha », un obusier également conçu par Krupp qui fit des ravages en Belgique au début du conflit. Mais les canons installés dans l’Aisne étaient désignés par les Allemands comme les « pariser kanonen » ou « Ferngeschütz » (canons longue portée). En hommage à l’empereur, celui de Crépy-en-Laonnois fut baptisé « Wilhelm Geschütz » (le canon de Guillaume).

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