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Vote de confiance pour le Président Fricoteaux

Publié le 15 janvier 2018

A l’issue d’une session extraordinaire du Conseil départemental de l’Aisne, le Président Nicolas Fricoteaux a été réélu dans ses fonctions avec 24 voix sur 42. Il peut désormais compter sur une majorité départementale plus forte pour porter au plus haut la voix de l’Aisne afin que les priorités de notre département et des Axonais soient davantage prises en compte.

Comme annoncé la semaine passée en conférence de presse, des élus de l’opposition ont fait le choix de rejoindre la majorité départementale pour former une majorité renforcée au service du territoire et de ses habitants. L’objectif : unir leurs forces autour de l’intérêt départemental pour porter une voix de l’Aisne plus forte face à l’État et au Gouvernement.

Concrètement le Président du Conseil départemental peut désormais compter sur l’appui de 23 élus issus des groupes « Rassembler pour l’Aisne » et « Aisne Démocratie Nouvelle », rassemblés au sein d’un intergroupe majoritaire.

Quatre conseillers étaient candidats à la présidence. Le Président sortant a été élu avec 24 voix au 1er tour. Ayant obtenu la confiance de l’Assemblée, il a ensuite procédé à l’élection de ses 11 vice-présidents.

Satisfait de ce rassemblement des forces, Nicolas Fricoteaux a fait part dans son intervention de sa détermination à porter la voix de l’Aisne et des territoires ruraux. « Tout ce qui nous unit nous rend plus forts » a-t-il répété, se réjouissant de voir que les élus départementaux peuvent dépasser les clivages partisans dans l’intérêt du territoire et de ses habitants.

«  Nous avons fait le choix d’une voix plus forte pour l’Aisne, le choix de l’union départementale pour le seul intérêt des Axonais.  »

Un intérêt qui sera au cœur des préoccupations de la prochaine session départementale, avec, à l’ordre du jour, le débat d’orientation budgétaire du Département.



Lire le discours de Nicolas Fricoteaux suite à sa réélection

Mes Chers Collègues,

Le 2 avril 2015, lorsque j’étais élu Président du Conseil départemental dans la suite du renouvellement général de notre collectivité, je prononçais ces quelques mots :

« Au cours du précédent mandat, jamais je n’ai considéré qu’une seule personne ou bien qu’un seul groupe détenait la vérité absolue. Toutes et tous ici, je dis bien toutes et tous, nous détenons chacun une part de vérité quant aux défis qui s’imposent à notre collectivité.

Au-delà des préférences partisanes de chacun, nous savons bien qu’au sein des assemblées municipales, intercommunales, départementales et mêmes régionales, un grand nombre de décisions de bon sens sont largement prises à l’unanimité de leurs membres.

J’ai besoin de l’engagement de chacun, j’ai besoin du savoir-faire et de l’expertise de tous. »

3 ans après qu’ils aient été prononcés, ces mots résonnent encore. Plus que jamais.

Avec gravité, alors que notre collectivité est dans une situation d’urgence absolue, j’accepte d’être celui qui, au nom de tous, permettra au Conseil départemental de poursuivre sa mission de chef de file des solidarités humaines et territoriales.

Mon élection n’est pas la fin d’un processus ; elle en est le commencement. Et ce processus, désormais, dans une période de toutes les difficultés pour l’avenir du Conseil départemental, c’est celui de la responsabilité.

Lorsque se sont ouvertes des discussions entre groupes, dans le seul objectif de donner à l’Aisne une voix plus forte face à un pouvoir central qui oublie depuis de trop nombreuses années la France rurale au profit des métropoles, j’y ai vu une opportunité historique pour le Département.

Unis et plus forts, cette opportunité c’était celle de dire à l’État : « Ne nous oubliez pas ! Nous sommes aujourd’hui rassemblés dans l’intérêt des habitants, et au-delà de toute autre considération car la situation difficile de l’Aisne l’exige. Vous devez entendre cette voix de nos territoires. »

Depuis l’annonce, lundi, de cet élan dans l’intérêt de l’Aisne, des considérations partisanes, pourtant éloignées des enjeux de notre Assemblée, se sont mises à l’œuvre.

Je peux comprendre que la manifestation de cette volonté commune soit allée trop vite pour certains et, bien que je respecte chaque décision prise, je regrette que la dynamique de notre geste fort soit freinée par des considérations périphériques ou pire, critiquées par des discours nationaux totalement déconnectés des enjeux locaux.

Les polémiques stériles et à bon compte, tout comme les mots qui blessent et qui divisent, ne servent que les intérêts de ceux qui les prononcent. Elles flattent l’égo médiatique de leurs auteurs, mais ces polémiques ne font pas avancer d’un seul millimètre les dossiers que nous avons à gérer.

Comme il est confortable de distribuer les bons et les mauvais points, et de se laver les mains de la suite sitôt que nos sessions sont terminées. Jamais, je dis bien jamais je n’abandonnerai les Axonais au bénéfice de postures sans aucun lien avec la réalité de nos missions d’élu local.

A celles et à ceux qui ont décidé de s’unir pour agir et de laisser sur le pas de la porte les querelles en vérité anecdotiques, je veux dire que je suis convaincu que vous avez eu raison de le faire. L’histoire retiendra que vous avez préféré sortir d’une confortable situation d’élus minoritaires et que vous avez placé l’intérêt général au-dessus de tout.

Je sais aussi que d’autres Conseillers départementaux, bien que plus en retrait désormais de cette initiative puissante, partagent également cette envie que notre Assemblée du concret poursuive son action et qu’ils me font confiance.
Voter avec discernement et objectivité, en harmonie avec ses certitudes les plus profondes, ce n’est jamais se compromettre. Être honnête avec soi-même, c’est vrai, c’est se heurter parfois aux doctrines partisanes et aux réflexes purement politiques.

Même si je m’en suis toujours tenu à l’écart, loin de moi l’idée de dire que les partis politiques et que les familles de pensées n’ont pas ou plus de sens. Au contraire et ainsi que l’édicte notre Constitution en son article 4, les partis politiques concourent à l’expression de la démocratie. Mais à un moment, il faut savoir les laisser à leur place.

Les discours médiatiques, nés à la suite de l’élection présidentielle, n’ont rien à voir avec l’enjeu de cette enceinte. Ces discours convenus sont si peu pertinents car tellement en retard sur ce qui se passe depuis longtemps dans les Conseils municipaux et dans les Conseils communautaires. Au sein de ces collectivités, tant de gens venus d’horizons différents travaillent au service de l’intérêt local.

Nous-même, dans chacun de nos cantons, nous ne pouvons nier que nous avons été élus par des voix qui représentent uniquement nos idées.

Ce qui unit, ici, ce n’est pas la disparition des partis. Ce qui nous rassemble, c’est l’intérêt du Département.

Au regard du nombre de suffrages qui vient de s’opérer pour l’élection du Président, j’exprime une certaine satisfaction, c’est un encouragement, que quelques élus soient allés au bout de leurs certitudes, et qu’ils m’aient accordé leur confiance.

Pourtant, en tant que telle, l’élection de ma personne à la présidence importe peu. Ce qui importait, aujourd’hui, c’était la solidarité dont nous devons être capables pour construire ensemble face aux épreuves. Aujourd’hui, il s’agit de faire bloc pour affronter les difficultés.

A un moment ou à un autre, viendra le jugement des Axonais et pas seulement celui des militants et des chefs de partis. Les Axonais, pour qui nous devons tout faire, et en premier lieu défendre la collectivité qui les protège, nous diront comment ils reçoivent les votes qui viennent de s’exprimer à l’instant.

L’histoire du Conseil général, aujourd’hui Conseil départemental, nous a pourtant déjà montré la voie. L’un de mes prédécesseurs, Jacques PELLETIER que nous regrettons tous, par la gestion des affaires départementales qu’il a menée et la confiance de l’Assemblée dont il bénéficiait au-delà des clivages, nous a démontré qu’il était possible de dépasser tout ce qui divise.

Aujourd’hui, ce qu’il importe de retenir, c’est que le Conseil départemental connaît une situation nouvelle. Cette situation, c’est celle du socle commun désormais partagé et revendiqué au grand jour par 23 élus qui l’assument. Cette situation nouvelle, c’est également la confiance qui m’est accordée par de nombreux suffrages s’étant portés sur ma candidature afin d’agir pour l’intérêt des habitants de l’Aisne.

Au nom de tous ceux qui ont soutenu ma candidature et que je remercie très sincèrement, dans l’intérêt du département, je poursuis le combat.

Ce combat pour un soutien plus fort de l’État en direction des territoires ruraux et délaissés, je le maintiens par le dialogue avec le Président de la République et le Gouvernement.

Ce combat pour une meilleure répartition des moyens financiers d’action, je le porterai encore au sein de l’Association des Départements de France, en faisant équipe avec des Présidents de Départements de droite, comme de gauche.

Contrairement à certains élus qui siègent dans cette Assemblée, à l’ADF, nous avons bien compris, et depuis longtemps, que les clivages les plus dangereux pour l’avenir de nos collectivités ne se situaient pas entre la droite et la gauche, mais qu’ils se situent entre les territoires riches et les territoires pauvres.

Enfin, ce combat pour que l’Aisne recueille davantage d’écoute de la part de nos décideurs, je le poursuis avec tous les Parlementaires de la majorité comme de l’opposition. Je remercie ces Députés et ces Sénateurs qui acceptent de s’engager, loin des considérations partisanes et des logiques majoritaires, et de soutenir nos priorités.

Je remercie tout autant les maires de l’Aisne, pourtant venus d’horizons divers, de relayer à l’Élysée les propositions que j’ai faites en faveur d’une nouvelle politique d’aménagement des territoires ruraux. Ils sont plus de 300 à ce jour à l’avoir fait et je les en remercie.

Toutes ces femmes et ces hommes de bonne volonté donnent de l’espoir. A nous, également, de donner de l’espoir aux habitants du département.

Soyons à la hauteur des vrais enjeux qui sont les nôtres. Soyons dignes de la confiance que les Axonais ont placée en nous.

Je vous remercie.

Diaporama