Dans le quartier Saint-Crépin de Soissons, dans le cadre de travaux liés à l’implantation d’un réseau de chaleur, le Service archéologique du Département de l’Aisne a mis au jour une vaste mosaïque antique d’une qualité exceptionnelle.
Ce pavement, dit « mixte », associe deux techniques de construction caractéristiques de l’époque romaine : une partie en béton et une autre composée de tesselles – ces petits cubes de pierre ou de pâte de verre qui forment les motifs décoratifs.
Rarement observée à une telle échelle (le décor central mesure 1,56 m de côté) et dans un état aussi bien conservé sur le territoire, cette mosaïque constitue une découverte majeure pour la connaissance du patrimoine local.
Au centre de la composition, un panneau carré se distingue par son raffinement. Organisé autour d’un médaillon en tesselles noires et blanches, il développe une composition géométrique complexe faite de lignes concentriques et de losanges imbriqués.
Dans l’un des angles, les archéologues ont également identifié la représentation d’un dauphin aux nageoires rouges, finement réalisé. Ce motif, riche d’enseignement, peut notamment livrer des indices sur le geste et le savoir-faire du mosaïste.
Selon les archéologues, cette découverte daterait de la fin du 1er siècle et aurait décoré le sol d’une villa romaine, sans doute d’une pièce de réception qui mesurerait près de 50m².
Cette mosaïque permet donc de montrer l’assimilation des habitants à la romanisation de Soissons et que l’actuel quartier de Saint-Crépin était un quartier antique entre le 1er et le 3e siècle où vivait l’élite locale.
Un chantier mené en parfaite coordination
Cette découverte s’inscrit pleinement dans le déroulement du chantier et ne ralentit en rien l’avancée des travaux. Elle illustre au contraire l’efficacité des opérations archéologiques préventives.
En effet, la très bonne connaissance du terrain par les équipes du Service archéologique départemental, associée à une coordination étroite avec les responsables du chantier, permet d’optimiser les délais tout en garantissant la préservation des vestiges.
De nouvelles perspectives pour la conservation
De nombreuses questions scientifiques demeurent, notamment sur la combinaison des techniques employées et l’organisation générale du décor, encore peu étudiées. Une phase d’analyse approfondie va désormais s’engager, avec le concours de spécialistes des mosaïques romaines.
Parallèlement, les services du Département étudient la possibilité d’une dépose de cette mosaïque afin d’en assurer la conservation. Les prochaines étapes porteront ainsi sur la dépose, l’étude et la restauration de ce pavement remarquable, avec la perspective d’une éventuelle présentation au public.